Comprendre l’arthrose du genou

19/01/2022

Les genoux jouent un rôle essentiel de soutien et de mobilité de notre corps. Ces articulations supportent notre poids et nos mouvements dans chacune de nos activités quotidiennes. C’est pourquoi une maladie dégénérative du cartilage comme la gonarthrose (ou arthrose du genou) peut rapidement devenir invalidante dans notre vie quotidienne.

Anatomie du genou

Les extrémités des os de l’articulation du genou que sont le fémur, le tibia et la rotule (appelée également patella), sont recouvertes de cartilage. Ce dernier permet une bonne mobilité à l’articulation. Sans lui, les os entreraient en contact les uns avec les autres. Parmi les cartilages de l’articulation du genou se trouvent également les ménisques, sortes de petits coussins qui améliorent le contact entre le cartilage du fémur et celui du tibia et participent à la stabilité de l’articulation. L’articulation est aussi entourée d’une enveloppe qui permet de la lubrifier et de nourrir le cartilage : la capsule synoviale.

Progression de l'arthrose du genou

L’arthrose du genou désigne la dégénérescence des cartilages de l’articulation du genou. Cette maladie apparaît principalement avec l’âge et son évolution se fait par poussées.
L’excès de pression sur le cartilage provoque sa détérioration : il s’use, finit par se détruire et peut aller jusqu’à disparaître. L’arthrose peut aussi s’accompagner de la formation d’excroissances osseuses à la périphérie de l’articulation : les « ostéophytes ».

Dans le même temps, une inflammation de la capsule synoviale débute. Elle peut provoquer des fuites de liquide, appelés « épanchements synoviaux ».
 

Les différentes arthroses du genou

Il existe 3 types de gonarthrose, selon la localisation du cartilage abîmé(1) :

•    La plus fréquente (45 à 50 % des cas) est l’arthrose entre le fémur et le tibia. C’est l’arthrose fémoro-tibiale. Elle est principalement interne (ou médiale), c’est à dire du coté intérieur du genou mais peut être également externe (ou latérale) (à l’extérieur du genou).

•    Entre la rotule et le fémur, c’est l’arthrose fémoro-patellaire (35 % des cas).

•    Parfois l’ensemble de l’articulation est touché (15 à 20 % des cas). On parle alors d’arthrose globale.

Quelques données sur l’arthrose du genou

•    Elle touche 22,9 % des personnes de plus de 40 ans.
•    Chaque année, 86 millions de personnes développent une gonarthrose
•    Les femmes sont plus affectées que les hommes
 

Les symptômes de l’arthrose du genou

Au départ, la gonarthrose peut être asymptomatique : elle est découverte à l’occasion d’une radiographie mais ne cause pas de douleurs. En évoluant ou s’aggravant des douleurs peuvent survenir lors des activités quotidiennes. La douleur est dite mécanique : elle augmente à l’utilisation de l’articulation (marche, port de charge lourde, montée ou descente des escaliers…) et se calme au repos. Elle est absente la nuit, sauf lors des changements de position dans le lit. Le matin, au réveil, le genou peut paraître enraidi et nécessiter un temps de « dérouillage ».

Une poussée douloureuse survient généralement lorsqu’un fragment de cartilage se détache. C’est ce qui déclenche l’épanchement synovial. A la suite de quoi, le genou se met à gonfler, provoquant douleurs et difficultés de mobilisation.

Les douleurs varient en fonction du type de gonarthrose : diffuses en cas la gonarthrose fémoro-tibiale et plutôt sur le devant du genou en cas d’arthrose fémoro-patellaire. Par ailleurs, l’atteinte est souvent bilatérale et symétrique : les deux genoux sont atteints de la même manière(1).
 

Quelles sont les causes ?

L’arthrose du genou est une affection dégénérative principalement liée à l’âge. Sa prévalence chez les moins de 40 ans est inférieure à 10 %, alors qu’elle touche 30 % des plus de 60 ans, et la moitié des personnes de 80 ans !(2)

Il existe d’autres facteurs de risque plus spécifiques à la gonarthrose, tels que :

•    Le surpoids et l’obésité, qui augmentent les contraintes exercées sur les articulations ;
•    Le manque d’activité physique, qui fragilise les articulations ;
•    Les anciens traumatismes articulaires (luxation, entorse grave, rupture ligamentaire), parfois liés à l’activité professionnelle (port de charges lourdes, travail à genou) ou sportive (répétition de mouvements brusques) qui fragilisent l’articulation(3).
En outre, il existe des prédispositions génétiques à certaines formes d’arthrose. Des maladies métaboliques (la goutte) ou inflammatoires (la polyarthrite rhumatoïde) peuvent aussi favoriser son apparition.
 

Le diagnostic

Le diagnostic de gonarthrose repose d’abord sur un examen clinique : le médecin recherche un épanchement dans l’articulation et des limitations d’amplitude des mouvements du genou. Il s’attache également à évaluer les niveaux de douleur et de handicap au quotidien du patient.

Des radiographies du genou sont systématiquement réalisées pour identifier les éléments évocateurs d’arthrose comme les ostéophytes ou la hauteur de l’interligne articulaire (espace entre le fémur et le tibia).
 

Vivre avec une gonarthrose

L’arthrose est une pathologie chronique, il n’existe pas de traitement curatif. Sa prise en charge est donc symptomatique. Elle a pour objectifs de soulager les douleurs, de restaurer la mobilité de l’articulation et d’éviter l’isolement et le repli sur soi.

La prise en charge de la gonarthrose revêt plusieurs aspects. En première intention, elle prévoit des traitements non médicamenteux tels que des mesures hygiéno-diététiques (dont la perte de poids), l’utilisation d’orthèse ou de canne, les cures thermales… 

Les traitements médicamenteux viennent en seconde intention. Ils peuvent être accompagnés, selon le stade de développement de la maladie, d’infiltrations ou de lavages articulaires. En dernier ressort, une intervention chirurgicale avec pose de prothèse peut être envisagée.
 

Les mesures hygiéno-diététiques

Une activité physique régulière et des exercices de kinésithérapie ont de nombreux bénéfices comme un meilleur contrôle du poids, le renforcement des muscles, et l’assouplissement des tendons de l’articulation. Le but est de conserver un maximum de mobilité. L’activité physique doit être associée avec une alimentation équilibrée et respecter la règle des 3R : Raisonnée, Régulière et Raisonnable.

Les traitements médicamenteux

Des antalgiques et anti-inflammatoires peuvent être prescrits pour atténuer la douleur et limiter la perte de mobilité lors des poussées. Des injections intra-articulaires peuvent aussi être pratiquées. En traitement de fond, des traitements anti-arthrosiques à action lente existent. Mais leur efficacité fait débat et leurs remboursements remis en cause dans plusieurs pays.

La prise en charge de la gonarthrose requiert une équipe médicale multidisciplinaire : le médecin généraliste, le rhumatologue, le kinésithérapeute et, lorsque l’opération s’avère nécessaire, le chirurgien orthopédique.
Pour toute autre question, demandez conseil à votre médecin.
 

Sources documentaires

1.    Collège français des enseignants en rhumatologie. Arthrose. Site internet : Cofer. Paris ; 2017
2.    Cui A, Li H, Wang D, Zhong J, Chen Y, Lu H. Global, regional prevalence, incidence and risk factors of knee osteoarthritis in population-based studies. EClinicalMedicine. 2020;29-30:100587. Published 2020 Nov 26. doi:10.1016/j.eclinm.2020.100587
3.    Literature Review of Risk Factors, Evaluation Instruments, and Care and Service Interventions for Knee Osteoarthritis