Les lombaires

27/03/2018

Les douleurs au niveau du rachis lombaire, ou lombalgies, sont très répandues : 60 à 90 % de la population adulte en souffre ou en a déjà souffert ! Contrairement à une idée reçue, le repos prolongé ne soigne pas et favorise même le passage à la chronicité.

Le rachis lombaire est composé de 5 vertèbres mobiles, courbées en arrière, ou lordose, se situant entre la dernière vertèbre du rachis thoracique (ou dorsales) et la première des 5 vertèbres (quant à elle fusionnées) du sacrum. Il est très fréquemment le siège de douleurs « communes », autrement dit ne relevant pas d’une affection inflammatoire, traumatique, tumorale ou infectieuse (90% des cas). 14,5 millions de lombalgies communes sont ainsi diagnostiquées par an ! Les personnes âgées de 55 et 65 ans sont les plus touchées.

Les lombalgies ne se ressemblent pas toutes ! Elles peuvent :
 

  • apparaître progressivement au fil des mois ou brutalement suite à un faux mouvement ;
  • s’accompagner ou non d’une hernie discale (saillie d’un disque intervertébral hors de son logement) ;
  • être aigües (de courte durée de moins de 6 semaines), subaïgues (entre 6 et 12 semaines) ou chroniques (persistant plus de trois mois, parfois des années).
     

Lumbago et lombosciatique, deux lombalgies aiguës fréquentes
 

Le lumbago se manifeste par un blocage accompagné d’une douleur aiguë dans le bas du dos et éventuellement la jambe, sans dépasser le dessous de la fesse. Il apparaît généralement suite à un effort inhabituel et s’accompagne d’une importante difficulté à bouger. La guérison d’un lumbago est spontanée en 8 à 15 jours mais les récidives sont possibles.

La lombosciatique se manifeste par une douleur vive dans le bas du dos se prolongeant le long de la jambe jusqu'aux orteils. Elle provient dans 95% des cas d’une irritation au niveau d’une des racines du nerf sciatique par une hernie discale. Elle apparaît souvent chez les personnes ayant des antécédents de lombalgies et suite à un effort, même modeste. L’évolution est spontanément favorable : 80 % des personnes sont guéries dans les deux mois, 95% à 1 an.

Le traitement du lumbago et de la lombosciatique comprend des médicaments antidouleur et anti-inflammatoires, un repos relatif (le repos au lit est à proscrire), et la poursuite des activités dans les limites de la douleur. Bouger est l'un des piliers du traitement. Le port d’une ceinture lombaire permet d’accélérer la diminution des douleurs et la récupération de la mobilité sans effet négatif sur la musculature contrairement aux idées reçues. Une chirurgie est rarement nécessaire.

Quand la douleur persiste…

La lombalgie chronique peut faire suite à un lumbago ou se développer progressivement sans cause particulière. Principalement liée à des phénomènes d’usure et à des microtraumatismes, elle peut être favorisée par un trouble de la statique, une faiblesse musculaire et le stress. Le traitement comprend les médicaments antidouleur, de la kinésithérapie avec des exercices ciblés mais aussi de l’activité physique régulière, qui tous deux réduisent les douleurs et améliorent les capacités fonctionnelles .

Sources :
Anaes / Service des Recommandations et Références Professionnelles /Prise en charge diagnostique et thérapeutique des lombalgies et lombosciatiques communes de moins de 3 mois d’évolution. février 2000.
Anaes / Service des recommandations et références professionnelles : Diagnostic, prise en charge et suivi des malades atteints de lombalgie chronique, décembre 2000
Collège Français des Enseignants en Rhumatologie : Item 2015 : Rachialgies. 2010-2011